EDITORIAL SUR PAULETTE GODDARD

 

pgeditorialphotoaUne mère cinéphile dilettante m’a transmis la passion de la toile, plus particulièrement du cinéma américain des années quarante et de ses stars qui la faisaient rêver au sortir de la guerre alors qu’elle était une jeune adolescente.

Paulette Goddard devient célèbre à une période (les années quarante) où les grands studios règnent en maîtres absolus, imposant des contrats draconiens d’exclusivité et façonnant au mieux l’image commerciale de leurs nouvelles stars pour devenir des figures de rêve, divertissantes, sensuelles et auréolées de mystère, souvent un peu trop stylisées et sophistiquées, mais suscitant une certaine fascination.

Une période où Hollywood domine le cinéma mondial et attire de nombreux artistes venant des quatre coins du monde pour tenter leur chance : certains réussiront (Marlène Dietrich ou Greta Garbo), d’autres échoueront ! La Paramount, le studio de Paulette, est réputé pour ses artistes venant du Music Hall et du théâtre (Claudette Colbert ou Sylvia Sidney) et pour ses influences européennes grâce à de grands réalisateurs comme Ernst Lubitsch ou Rouben Mamoulian. Malgré la puissance de ces grands studios, des producteurs indépendants résistent et connaissent un succès grandissant (Walt Disney ou David O’Selznick). C’est aussi l’apogée du tournage en studio et l’amélioration de la qualité technique des films, avec l’apparition notamment du technicolor et la part de plus en plus importante de la couleur.

Une période où le cinéma muet disparaît au profit du parlant, modifiant le jeu des acteurs et réduisant au silence de nombreuses stars comme Mary Pickford alors que d’autres réussissent l’épreuve d’audibilité comme Norma Shearer ! Où le cinéma de genre fait sa véritable percée, des comédies familiales au mélodrame, en passant par le film noir incarné par des héroïnes ô combien stéréotypées telles Lana Turner et Veronica Lake. Où la comédie musicale connait ses plus grandes heures de gloire avec des tandems légendaires comme Fred Astaire et Ginger Rogers.

Une période où les salles de cinéma dominent et où affluent des millions de spectateurs pour voir leurs stars, considérées alors comme des icônes intouchables à la beauté fatale. Ces stars prestigieuses, cristallisent les rêves et désirs de millions de jeunes américains arrivés dans les grandes villes pour trouver du travail, après la fin de la Première Guerre Mondiale, le krach boursier de 1929 et la grande dépression des années trente.

Une période aussi de troubles, où la censure se renforce avec un nouveau code de moralité mais, où paradoxalement, la seconde guerre mondiale marque un retour au plein emploi aux Etats-Unis et un regain de spectateurs dans les salles obscures, qui ont alors besoin de s’identifier à des visages populaires dans des films grand public et très souvent patriotiques. Les stars elles-mêmes n’hésitent pas à s’engager pour l’effort de guerre !

Une période d’après-guerre difficile où la guerre froide et l’anticommunisme font rage tandis que la situation des Noirs et des femmes s’améliore, où des conflits sociaux naissent au sein des studios qui se trouvent contraints, par le gouvernement, de casser leurs monopoles et de vendre, notamment leurs salles de cinéma.

Une période où, pour la plupart des stars féminines, l’âge, le manque de succès au box office et la volonté d’indépendance (réussie pour certaines comme Olivia de Havilland) ont pour conséquence la baisse des cachets, la fin des premiers rôles et la rupture de leurs contrats avec les studios. Seules quelques unes résistent avec une extraordinaire longévité couvrant plus d’une trentaine d’années de carrière (Bette Davis ou Katharine Hepburn).
Mais la télévision, la vidéo et Internet ont permis de redécouvrir certaines stars jadis admirées mais oubliées depuis longtemps, telles que Louise Brooks ou Jean Harlow, alors que d’autres ne cesseront à jamais de scintiller, inscrites dans notre mémoire collective, comme Ava Gardner ou Marylin Monroe.

Paulette Goddard fait partie de ces héroïnes populaires et sensuelles, souvent insouciantes, une étoile dans la constellation des stars féminines capables d’offrir encore à des générations de cinéphiles le rêve et la passion.

La première fois que je l’ai vue, lumineuse dans Le dictateur, j’étais adolescent et son regard magnétique m’a ébloui. Désarmante et forcément sublimée, elle a hanté mes rêves pendant longtemps. Puis sortant de ma douce torpeur et curieux par nature, je me suis alors intéressé à la carrière et à la vie aventureuse de cette femme au fort caractère, intelligente et non conventionnelle: fascinante !
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Ce n’est pas une superstar et encore moins un mythe féminin, mais elle fait partie des quelques rares actrices populaires du cinéma américain de l’âge d’or ayant survécu à l’oubli, surtout grâce à ses deux rôles auprès de Charles Chaplin : la gamine joyeuse et rayonnante dans Les temps modernes et la douce et combative Hannah dans Le dictateur
On peut regretter qu’elle n’ait pas été engagée, selon son souhait, pour jouer dans Autant en emporte le vent, sa carrière aurait pris un autre essor. Mais Paulette est une actrice étonnante, il suffit de la voir dans certains de ses films : Par la porte d’or, Les anges de miséricorde ou Le journal d’une femme de chambre pour se rendre compte de son talent trop souvent sous-estimé, mais c’est le lot de toutes les actrices de comédies et de films d’aventure.
Sa beauté et son élégance naturelle ont attiré tous les regards masculins. Son ambition et son professionnalisme lui ont permis de bâtir une belle carrière et d’arriver surtout au sommet de l’échelle sociale, en étant une redoutable femme d’affaires et une grande collectionneuse d’art !

Trop jeune, lors de son décès, pour la contacter et la rencontrer, elle m’accompagne très souvent dans mes choix de cinéphile car j’aime ce qu’elle représente : témoignage d’une certaine "joie de vivre", d’une époque révolue d’un cinéma plaisant mais surprenant, d’une merveilleuse actrice ayant pleinement vécu avant tout sa vie de femme indépendante, assumant ses goûts, ses opinions et ses choix de vie !

Ce site a été réalisé, dans un but non lucratif, par un cinéphile peu féru de théorie et un admirateur inconditionnel de Paulette Goddard (à tout jamais "Goddardien" !). J’espère qu'il comblera les passionné(e)s de cinéma et ceux souhaitant découvrir une merveilleuse actrice !

Hervé Le Coupannec

 

Scène finale du Dictateur : 1ère vison de Paulette - 1er choc ! (VO)

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