PAULETTE GODDARD & ERICH MARIA REMARQUE

 

Paulette Goddard rencontre Erich Maria Remarque en 1951 et devient son épouse de 1958 à 1970.

pgmarisremarquephotoaErich Paul Remark est né le 22 juin 1898 à Osnabrück (Allemagne).
Il est le second fils d’un relieur Peter Franz Remark et d’Anna Maria Stallknecht. Ses ancêtres sont français et son nom de famille a été germanisé au XIXème siècle. Il le francise en 1924, après avoir adjoint Maria en 1922.
Il commence des études pour devenir instituteur, mais il est incorporé de force dans l'Infanterie allemande en 1916. Envoyé l'année suivante sur le front ouest, il est blessé six semaines plus tard par des éclats de grenade et rapatrié à l'hôpital militaire de Duisburg. Après avoir reçu la croix de fer de première classe, il est démobilisé en 1919 en refusant dorénavant  toute médaille ou décoration. La même année, il reprend ses études d’instituteur et devient enseignant. Mais il abandonne vite et fait divers métiers à partir de 1920 : comptable, tailleur de pierres tombales, professeur de piano ou organiste mais surtout journaliste à Hanovre, puis Berlin. Souhaitant s'intégrer dans la société bourgeoise, il s'habille avec élégance et porte le monocle. Il achète même en 1926, le titre de Baron de Buchenwald pour 500 Reichsmarks à un noble ruiné qui l'adopte afin de lui transmettre le titre.
Il publie sans succès notable son premier livre La baraque de rêve en 1920. A l'aide de témoignages recueillis auprès de ses camarades et de sa propre expérience, il publie, en 1928, dans un quotidien berlinois une histoire en plusieurs feuilletons, sur les horreurs de la première guerre Mondiale vécues par un jeune appelé. Face au succès, cette histoire paraît alors en roman sous le titre : A l’Ouest rien de nouveau, en 1929. Ce second livre pacifiste a un succès mondial retentissant et devient  le roman le plus marquant de l'entre-deux-guerres. Cinq cent mille exemplaires sont vendus quatre mois après sa publication et un million un an plus tard.
Le roman est adapté au cinéma par Lewis Milestone en 1930 avec Lew Ayres. Ce film remporte deux Oscar des meilleurs film et réalisateur. Il est aussi adapté à la télévision en 1979. Après des émeutes dans les salles de cinéma organisées par Joseph Goebbels, le film est interdit de diffusion en Allemagne sous ordre d’Hitler.

Quand celui-ci arrive au pouvoir, l'extrême droite l'accuse d'affaiblir le moral de la nation allemande par ses écrits infamants. Il est alors victime d'une campagne de dénigrement dénonçant son pacifisme et prétendant qu'il est juif. La Gestapo s'apprêtant à l'arrêter, il quitte l’Allemagne en 1931 et se réfugie en Suisse, dans le Tessin, où il achète, sur la suggestion de sa maitresse de l’époque Ruth Albu, la villa Casa Monte Tabor à Porto Ronco, au bord du lac Majeur.
La même année, le professeur Sigismond Cybichowski suggère son nom pour le Prix Nobel de la paix.
Il offre l'asile en Suisse à ceux qui fuient l'Allemagne d’Hitler. Les nazis sont soupçonnés de l’assassinat, en 1933, du journaliste juif Felix Manuel Mendelssohn, dont le corps est retrouvé à côté de sa propriété suisse.
Ses livres sont brûlés dans les autodafés à Berlin et interdits dans les bibliothèques en 1933. Il refuse de rentrer en Allemagne en 1935, après la visite du secrétaire d'état et adjoint d’Hermann Göring, Paul Körner qui lui demandait de revenir. Il est alors déchu de sa nationalité allemande en 1938 qui ne lui sera plus jamais rendue.

Après un séjour en France et au Mexique, il émigre aux Etats-Unis en 1939 et décide de vivre à Los Angeles puis à New York. Il travaille alors pour l’industrie du cinéma, notamment en tant que scénariste. Il devient citoyen américain en 1947 et revient en Europe en 1948 en résidant, alternativement, en Suisse et à New York.

Deux romans (adaptés au cinéma) lui permettent de retrouver un succès notable : Arc de Triomphe (1946) et Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1954, connu également sous le titre L'île d'espérance).
Mais il écrit de nombreux autres romans, vendus entre quarante à cinq cent mille exemplaires, comme Trois camarades ou Les camarades (1938), Les pgmarisremarquephotobexilés (1941), L’étincelle de vie (1952, dédié à sa sœur Elfriede assassinée en 1943 par les nazis), L’obélisque noir (1956) ou La nuit de Lisbonne (1963). Parallèlement aux romans, il écrit des scénarios et des pièces de théâtre.
Critiquant l’Allemagne de l’après-guerre pour sa mansuétude à l’égard des anciens nazis, la critique allemande ne reconnaît l'importance de son œuvre littéraire qu’en 1963. Quatre ans plus tard, il obtient enfin la Croix du Mérite, sur l’insistance du chancelier Willy Brandt. Il devient aussi citoyen d’honneur des villes d’Ascona et de Ronco en 1968.

Sa vie sentimentale très agitée le propulse sur le devant de la scène. Il a de nombreuses romances avant de rencontrer Paulette Goddard, notamment avec les actrices Dolorès del Rio, Luise Rainer et Greta Garbo.

La plus célèbre liaison est celle entretenue avec l’actrice américaine d’origine allemande Marlène Dietrich rencontrée en 1937, à Venise. Leur relation tumultueuse se termine en 1940, mais ils continuent à correspondre jusqu'à la mort d’Erich. Cependant Paulette prend soin de faire disparaître les traces de cette célèbre liaison de son mari, en brûlant vraisemblablement toutes les lettres et tous les télégrammes que Marlène avait envoyés à l'auteur. Les lettres de Remarque, émouvantes, parfois surprenantes notamment sur son impuissance, ont été conservées et éditées en 2002 (Dis-moi que tu m’aimes) mettant en lumière une relation très particulière. Outre son impuissance, il est atteint de la maladie de Ménière

Il rencontre pour la première fois Paulette Goddard, encore mariée à Charles Chaplin, en juin 1940, à Hollywood. Mais la vraie rencontre se fait à New York, sur la cinquième avenue, en avril 1951. Paulette est divorcée de Burgess Meredith et Erich est encore marié avec la danseuse et comédienne Jutta Zambona (qu'il a épousé à deux reprises). Il la courtise et l’invite au restaurant en mai de la même année. Paulette rencontre enfin l’homme qui va lui apporter sans nul doute sa plus belle relation amoureuse, harmonieuse et réussie.  
Après avoir vécu quelques années à l’hôtel Ambassador de New York, Erich décide d’emménager, en juin 1951, dans un appartement de Manhattan, au 320 East 57th Street (pas loin de celui de Paulette au Ritz Towers). Il est évoqué dans le roman posthume d’Erich Shadows in Paradise. Paulette l’utilise souvent après le décès de son mari.
Homme assez mélancolique voir dépressif (du fait de ses échecs amoureux successifs) et ayant des problèmes avec l’alcool, Paulette lui redonne goût à la vie par son optimisme et sa bonne humeur. Sous son influence, il s’oriente vers la philosophie orientale. Ils voyagent beaucoup en Europe : St Moritz, Salzbourg, Vienne, Londres, Paris, Cannes, Venise ou Rome, la ville préférée de Paulette.
Après plus de six ans de vie commune, ils se marient enfin le 25 février 1958 à Branford, dans le comté du New Haven (Connecticut). La cérémonie dure quelques minutes et une trentaine de journalistes et de photographes les attendent à leur sortie.             
Ils décident de vivre dans le même immeuble (celui d’Erich) mais dans deux appartements séparés. La même année, elle visite l’Allemagne de l’Ouest avec son nouveau mari.
Heureux, riches et célèbres, ils deviennent des collectionneurs très réputés de toiles de Maîtres, d'antiquités et de tapis orientaux. Erich lui permet d’assouvir toutes ses envies notamment son goût prononcé pour les bijoux et le caviar !
pgmarisremarquephotocCependant à partir du milieu des années soixante, l'âge et la mauvaise santé de Remarque l'empêchent très souvent de partir avec sa femme en voyage, mais lui permet d'écrire tranquillement dans sa villa suisse. Paulette part seule le plus souvent à New York. Leur dernier voyage en commun se fait à Venise en 1969.

Sa quatrième crise cardiaque est fatale. L’écrivain américain d’origine allemande le plus lu au monde et le porte-drapeau de la littérature pacifiste décède, à l’âge de 72 ans, le 25 septembre 1970, à Locarno, d’un anévrisme de l’aorte. Paulette est à son chevet. Il est inhumé au cimetière privé de Ronco sopra Ascona, après un service funéraire catholique. 

Paulette, qui lui survit de vingt ans, édite le dernier roman d’Erich, en 1971, en modifiant son titre : Shadows in paradise (au lieu de The New York story).
Elle permet l’adaptation des romans ou pièces de son mari au théâtre (Full circle dirigée par Otto Preminger à New York (1973)), au cinéma (Bobby Deerfield de Sidney Pollack (1977)) et à la télévision (A l’ouest rien de nouveau (1979) ou Arc de Triomphe (1985)).
En 1977 et à son décès en 1990, Paulette lègue à la librairie Fales de l’université de New York, 62.000 pages de manuscrits, journaux intimes, lettres, photos et de nombreux documents et effets personnels de son mari : donation connue sous le nom d’Erich Maria Remarque collection. Cette librairie possède aussi 3.000 volumes de l’écrivain incluant les copies de tous ses livres et de nombreuses traductions.
Sa donation de plus de $ 20 millions octroyée lors de son décès à l’université de New York a permis de créer en 1996 l’Institut universitaire Remarque (The Remarque Institute) avec notamment la création de bourses. Certains professeurs de l’université de New York ont le titre d’Erich Maria Remarque professor.  

En Europe, l’université d’Osnabrück, sa ville natale, crée les archives (en 1989) et un centre de la paix (en 1998) Erich Maria Remarque (Erich Maria Remarque Archiv/Friedenszentrum). Depuis 1991 et tous les deux ans, la ville décerne le prix de la paix Erich Maria Remarque (Erich Maria Remarque-Friedenspreises).                

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